
Nous vivons inévitablement différents deuils au cours d’une vie.
Tous n’ont pas la même intensité ni la même clarté.
Les plus violents sont souvent ceux liés au décès d’un proche, mais d’autres formes de séparations ponctuent nos vies.
L’adolescent qui doit laisser derrière lui la phase de l’enfance, bien souvent sans mots de soutien ou d’explicitation sur ses difficultés, vit une forme de deuil. Une reconversion professionnelle ou la perte d’un emploi, une rupture sentimentale ou amicale, ou encore un déménagement sont autant d’événements qui peuvent nous amener à vivre le deuil.
Toutes ces épreuves vont être vécues avec plus ou moins de douleur selon le degré d’attachement qui nous reliait à la personne ou la situation.
Ainsi, dans le cas du décès d’une personne de notre entourage auquel nous sommes confronté, ce n’est pas tant la nature de ce lien, mais bien la profondeur des échanges au sein de ce lien, qui détermine la force de la douleur et des différentes émotions induites dans le processus du deuil.
Que l’on soit un enfant, un adolescent ou un adulte, chacun vit son propre cheminement intérieur à son rythme, selon sa personnalité et ses propres aptitudes à accueillir ses émotions.
La personne en deuil est parfois influencée par l’entourage. Il peut s’agir de membres de la famille, d’amis, de collègues etc...qui, même si leurs intentions sont bienveillantes, ne vivent pas cette perte de la même façon et ne peuvent donc pas se mettre à la place de la personne directement concernée.
C’est ainsi que les attentes de la société (par exemple le niveau de performance attendu sur le lieu de travail) vont inciter la personne en deuil à revenir « rapidement » à sa façon d’être antérieure à la perte. La personne en deuil peut de ce fait être amenée à ralentir voire bloquer son processus en développant des mécanismes adaptatifs, en reprenant ses masques sociaux, et ainsi en s’empêchant de vivre en profondeur les émotions et les étapes qui devraient être pleinement accueillies.
Même si la personne, l’animal, le lieu de vie dont vous êtes séparé, ne semble « pas si important » aux yeux de certaines personnes de votre entourage, ce qui vous reliait à cette personne, à cet animal, à ce lieu ou à cette situation, est bien réel.
Ce que vous avez vécu vous appartient.
Votre douleur vous appartient.
Et elle n’appartient à personne d’autre.
Accueillir cette douleur, et toutes les émotions qui demandent à être entendues, par couche, suite à cette séparation, est à respecter, à vivre pleinement, pour se reconstruire peu à peu et un jour, en ressortir grandi(e).
Catherine Héry