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Attachement et confiance en soi

01 novembre 2021

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi au moment où vous allez chercher votre enfant à la crèche ou à l'école, alors qu'il semblait calme, il se met à pleurer, s'agiter ou crier à votre arrivée ?

Peut-être ce comportement vous a-t-il agacé(e) ou vous a fait sentir un "mauvais parent" ?

Si c'est le cas, soyez rassuré(e) car la raison de ces pleurs est en fait opposée.

Si votre enfant réagit ainsi, c'est parce qu'il a développé un lien d'attachement fort avec vous. Plus précisément, il vous a attribué le "rôle" décrit par le psychiatre anglais John Bowlby de figure d'attachement.

Alors si votre enfant se met à pleurer en vous voyant apparaître à la fin de sa journée, ce n'est ni pour vous embêter, ni parce qu'il est mécontent de vous voir, mais parce qu'il a suffisamment de confiance en vous pour décharger en votre présence ses tensions et angoisses accumulées dans la journée.

Comme nous adultes, trouvons de manière plus consciente le moyen de le faire en parlant avec notre conjoint, appelant une amie / ses parents, en faisant du sport ou encore en prenant un bain, l'enfant libère le stress provoqué par exemple par le rythme soutenu de sa journée, les contraintes, le bruit, le manque de câlins, les conflits etc... (tout cela avec un cerveau immature!) au contact de la figure d'attachement qu'il retrouve.

La qualité de ce lien d'attachement est déterminante dans la confiance en soi de l'enfant.

Un peu comme un porte-avion ou une station services permettent aux pilotes de voyager avec l'assurance qu'ils pourront venir se "poser" en cas de problèmes, une relation psycho-affective sécure permet à l'enfant d'explorer le monde avec confiance en sachant qu'il pourra trouver du réconfort et se ressourcer auprès de cette / ces personne(s) (une principale et des secondaires en général).

Si le lien d'attachement se construit dès la toute petite enfance selon la façon dont les parents / éducateurs répondent aux sollicitations du bébé (pleurs, cris, sourires, besoin de succion etc...), il se prolonge ensuite à travers la réponse à l'expression de ses besoins d'enfant. Plus nous saurons remplir le "réservoir d'amour" de notre enfant, notamment avec une qualité du temps passé ensemble (finalement plus importante que la quantité), plus le lien sera sécure.

L'enfant ainsi sécurisé par cet attachement et la certitude qu'il trouvera des mots et des gestes apaisants dont il aura besoin si la situation tourne mal, s'appuie sur ce lien pour trouver la confiance en soi nécessaire pour oser faire des expériences nouvelles et agir dans le monde. Ce qui est bien sûr beaucoup plus difficile avec un attachement insécure!

La force de cet attachement sera revisitée lors de l'adolescence. Alors que le jeune est déstabilisé par des bouleversements internes qui l'angoissent souvent grandement, il va tester l'attachement de ses parents / éducateurs. Nos réponses et notre positionnement d'adultes sont donc délicats et complexes, mais aussi essentiels pendant cette période.

Par ailleurs, nous n'en avons pas toujours conscience, mais il est également intéressant de réfléchir à notre façon de gérer les traumatismes d'adultes liés aux pertes ou d'opérer des choix dans les domaines affectif (relations amoureuses ou amicales) ou professionnel, et d'observer l'influence que peut avoir notre propre relation d'attachement dans ses choix.

Car rappelons-nous que si nous ne sommes plus un enfant, une partie de lui (notre enfant intérieur) vit encore en nous à travers ses pensées inconscientes et ses émotions enfouies, qui conditionnent l'état de notre propre estime de soi et confiance en soi, donc guide notre chemin de vie ainsi que ce que l'on transmet inconsciemment à nos enfants.

Catherine Héry

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